Lutter contre les stéréotypes
Pour construire une IA éthique, une des clefs est de lutter contre les stéréotypes, quels qu’ils soient, sous peine que l’IA reproduise les biais qui en découlent. La commission mixité contribue à son échelle à ce défi de taille.
Un algorithme peut devenir « sexiste » du fait que les données d’apprentissage peuvent être biaisées et que les algorithmes sont conçus à 88% par des hommes (Aude Bernheim et Flora Vincent, “Intelligence Artificielle : pas sans elles“, collection « Égale à Égal »). En réponse à cela, on peut détecter et éliminer les biais dans les données et dans les algorithmes, ce qui constitue un axe de recherche majeur d’ANITI, mais aussi impliquer davantage les femmes.
Historiquement, les femmes ont occupé une place importante en informatique, puis elles s’en sont progressivement éloignées. De plus, l’IA est multidisciplinaire, des mathématiques aux sciences cognitives, en passant par les neurosciences et l’informatique. Progressivement ces matières se sont masculinisées. La spécialité Numérique et Science Informatique est choisie en 2020 par 15 à 20% de lycéen.nes dont moins de 3% de filles. Il y a à peine 10% d’étudiantes à l’université en informatique. Au final, l’IA pâtit de cette absence de « vocations» féminines (Science, technologie, ingénierie et mathématiques).
Mais il est possible de ré-intéresser les filles aux sciences en général, au numérique en particulier. Par exemple, les écoles comme Girls who Code aux États-Unis, rencontrent un grand succès.
Face à ce constat, ANITI a mis en place une commission en vue de contribuer à la diversité de genre en IA. Au-delà d’améliorer le taux de présence féminine dans ANITI, il s’agit de sensibiliser le grand public aux enjeux de l’IA éthique et d’inciter les femmes de tous âges à travailler dans les domaines de l’IA.
Les actions
La commission définit et lance des actions visant à combattre les préjugés sur l’IA et à lutter contre les stéréotypes de genre. La cible est en priorité le milieu scolaire, filles et garçons, car on sait que les stéréotypes sont ancrés dès le plus jeune âge. La commission a aussi pour ambition d’accroître au fil du temps le nombre de filles dans les métiers de l’IA.
La commission veille à la représentativité des femmes dans les événements auxquels ANITI participe. Elle est aussi vigilante sur l’aspect mixité dans la diffusion de la culture scientifique, comme la création d’un jeu pédagogique pour les lycéen.ne.s qui inclut la sensibilisation aux biais et un débat sur les enjeux d’une IA acceptable.
Ces actions se font en coordination avec le Rectorat, la Région, les établissements académiques et les associations qui œuvrent contre les inégalités H/F.
En outre, notre programme Mentor’IA permet chaque année de mettre en relation des étudiantes en licence, master, thèse ou post-doc avec des spécialistes de l’IA issus de l’université ou de l’industrie. Cet accompagnement spécialisé a pour but de les aider à s’informer, s’orienter et à créer un réseau.
Mentor’IA
En 2020-2021, les femmes représentaient à peine 30% de l’effectif au sein des formations d’ingénierie et elles étaient 20% inscrites en thèse Cifre dans le domaine des STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques). Une fois embauchées, elles subissent également les effets du « plafond de verre » sur leur carrière et retrouvent des environnements de travail très masculins au sein desquels il est parfois difficile de trouver une place (Bach Ouerdian, E. G., Malek, A. & Dali, N. (2018). L’effet du mentorat sur la réussite de carrière : quelles différences entre hommes et femmes ? Relations industrielles / Industrial Relations, 73(1), 117–145.).
Qu’est-ce que le mentorat et à quoi sert-il ?
Lancé en février 2021 par la Commission Mixité d’ANITI, le programme Mentor’IA s’adresse aux étudiantes en licence et/ou master, en thèse ou en post-doc souhaitant bénéficier d’un accompagnement personnalisé avec un.e professionnel.le de l’intelligence artificielle, venant des mondes académique et/ou industriel.
Les mentors peuvent ainsi partager leurs expériences professionnelles et les mentorées bénéficier d’un accompagnement pour leurs choix d’orientation tout en contribuant à la création d’un réseau d’étudiantes et de professionnels.
Le mentorat permet d’obtenir des conseils pour démarrer une carrière dans le numérique, de permettre un échange entre mentors et mentorées et surtout de créer une communauté pour soutenir l’entrée des femmes sur le marché du travail de l’IA.
En tant qu’étudiante, les années de master peuvent devenir un moment de questionnement quant à l’avenir et l’orientation professionnelle. Mentor’IA est un programme approprié pour prendre confiance en soi, casser les stéréotypes autour de l’IA, notamment par la découverte de ses métiers et par le développement personnel pour lutter contre l’autocensure.
Le mentorat contribue à la réussite professionnelle, notamment en ce qui concerne le niveau du salaire, la mobilité tout au long de la carrière, ainsi que le nombre de promotions obtenues.[1]
Les retours sont prometteurs.
Cette année ANITI souhaite de nouveau accompagner des étudiantes tout au long de l’année universitaire. N’hésitez pas à nous rejoindre.
Composition de la commission
Animation
- Marjorie Allain-Moulet, Co-Pilote Industrielle
Membres
- Corinne Joffre, Secrétaire Générale d’ANITI, Communauté d’universités et établissements de Toulouse
- Romaric Redon, directeur opérationnel d’ANITI, Communauté d’universités et établissements de Toulouse
- Hélène Tap, directrice de la Graduate School d’ANITI
- Julie Al Atarach, chef de projet EFELIA
- Karine Arcache, chef de projet programmes ANITI
- Anne-Claire Jolivet et Rachel Arnould, Service sciences avec et pour la société de la Communauté d’universités et établissements de Toulouse
- Mélanie Ducolombier et Nathalie Berniard, Service communication de la Communauté d’universités et établissements de Toulouse
- Florence Sedes, IRIT, Présidente du groupe « Femmes et Informatique » de la Société Informatique de France ; et de Femmes et Science Occitanie Toulouse
